La Rupture du Cadran

Quatrième de couverture:

Contre toute attente, Conrad Isembert s’approprie le précieux cadran ayant assuré la suprématie des Rainier. Deux autres grandes familles de Beldigan, les Iseult et les Siegebert, dépêchent leurs meilleurs effectifs pour profiter de cette occasion. Après tout, il sera plus facile d’arracher le cadran à Conrad, dont l’armée n’est plus qu’un pâle reflet de sa gloire d’autrefois, que de le soutirer aux Rainier, même si leur domination ne cesse de péricliter. Altessa est déterminée à démystifier ses cauchemars. Ne pas le faire reviendrait à ignorer les multiples dangers menaçant le royaume. Tant de questions subsistent. Pourquoi la saison des éclairs n’a pas eu lieu cette année? Pourquoi les Sébaste, la plus ancienne famille de Beldigan, ont-ils volontairement mis fin à leur dynastie? Les réponses effraient Altessa, car elles risquent d’exposer des dangers pires que ceux proférés par les dieux Ere et Ira.

Extraits:

– Tu dis cela parce que je suis ta fille, lança-t-elle, la voix éraillée par le chagrin.
– Tu es tout pour moi.

Il lui serra délicatement la main.

– Tu es ma princesse et ma reine. Le monde te semblera souvent cruel parce que tu as mieux à lui offrir. Cette idée m’attriste et me réconforte. Avec le temps, tu deviendras une souveraine qui, par ses actes, redéfinira la prestance et sollicitera l’envie de ceux n’ayant pas eu la chance de t’épouser.

* * * * *

En s’observant dans le miroir, Liséa n’était plus certaine d’aimer ce qu’elle détaillait. Elle projetait encore l’image d’une reine, et pourtant, elle décelait de multiples brèches, comme si le miroir s’était fissuré. Elle imaginait son reflet devenir informe, s’écoulant à la manière de cire chauffée.

Tu dois te reprendre en main.

C’était un souhait digne d’une épreuve. Se détournant du miroir, alanguie, Liséa se déplaçait avec lenteur. Ses membres lourds la tiraient vers le bas, chaque geste induisant sa chute à venir, son déclin en mouvement.