Cyrielle

Quatrième de couverture:

1605
De visite à Édimbourg, en Écosse, Jacques Ier ordonne l’exécution de femmes accusées de sorcellerie. Cyrielle Isère, condamnée au bûcher, provoque tout un émoi alors qu’elle manipule les flammes et empêche sa mise à mort.

À Rome, le pape Paul V envoie un homme chargé de traquer et de s’emparer des secrets des sorcières pour en faire une arme qui assurera la suprématie du christianisme. Seulement, le Vatican perd vite son emprise sur cet individu. Adelphe Eudes est un expert en démonologie qui s’intéresse particulièrement à une théorie ancestrale sur le péché originel. L’arbre qui porte les fruits de cette faute impardonnable existe toujours, mais il est caché dans une forêt dotée d’une conscience. Un endroit unique en Écosse qui agit comme un labyrinthe vivant et détourne les voyageurs en interdisant l’accès à ses secrets. Seulement le feu des sorcières peut venir à bout de cette forêt et dévoiler l’arbre mythique. Selon la légende, celui qui mange un fruit de cet arbre peut précipiter la mort de tous les pécheurs en ce monde en infligeant et dirigeant la pestilence.

2015
À Montréal, un psychiatre obsédé par Jacques 1er et une femme fascinée par le feu, de parfaits inconnus attirés par des forces mystérieuses, sont voués à se rencontrer. Des faits surprenants surviendront, prouvant que ce qui se déroulait dans le passé trouve écho dans l’avenir.

Extraits:

Ici, la nature s’exprimait dans le chaos et n’était pas réduite à épouser une beauté factice. La magnificence d’une forêt était plus réelle et intègre que celle des jardins du Vatican. Les fleurs odorantes côtoyaient les herbes hautes ; les branches lourdes de feuilles ployaient leur échine pour toucher les arbustes rabougris. Les ombres s’entremêlaient, étalant des formes déchiquetées sur les couleurs vivifiantes de la végétation luxuriante. Adelphe songea à un animal sauvage se découvrant de nouveaux comportements, propres à l’instinct, une fois débarrassé de sa laisse.

Le démonologue s’arrêta pour humer l’air frais. La pluie lui manquait. Rien de comparable à voir le ciel exprimer sa tristesse en libérant une averse de larmes. La terre détrempée s’abreuvait et les feuilles ointes d’eau s’étiraient vers le ciel pour exsuder une fraîcheur sacrée. La pluie inspirait la paix et Adelphe la voyait comme une alliée naturelle contre le feu des sorcières.

* * * * *

Cyrielle se massa les épaules pour se réchauffer, même si la température était chaude. Le froid venait de l’intérieur, un germe insidieux nourri par la tristesse et l’isolement. Pour s’évader du sentiment d’âpreté la meurtrissant, Cyrielle s’abandonna à la nostalgie.

Des souvenirs de l’époque où elle vivait avec son mari à Saint-Andrews, une petite ville au bord de la mer, affluèrent. Elle aimait la quiétude de cet endroit. Elle entendait le roulement des vagues s’étirant sur la plage pour venir lécher les galets. Au loin, durant les plus belles journées de l’année, les couleurs du ciel et de la mer s’amusaient à dissoudre la ligne de l’horizon. L’un se gorgeait de la splendeur de l’autre pour créer ses propres illusions de beauté. Tant de choses s’étaient passées, tant de torts à redresser dont ceux commis envers Cyrielle et ceux dont elle était responsable.